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Léa Roback

1903-2000

Photographie Louise de Grosbois © Fondation Léa Roback
 

J’ai toujours été avec les ouvriers et les ouvrières.
Je ne voulais pas sortir des rangs.
Je voulais pouvoir dire « nous » et que ce soit nous.

 

Il faut dire : « Je vais agir parce que mon for intérieur l’exige »,
Penser : « Bon gré mal gré, je le fais. Si ça réussit, bravo !
Sinon, je m’y reprendrai d’une autre façon ou j’en ferai mon deuil ».
C’est tellement triste les gens qui ne connaissent pas l’enthousiasme.

 

L’important, c’est d’apprendre à être humain,
apprendre que les autres, c’est du monde comme nous.

 

Voyez là-bas par la fenêtre !
Regardez le firmament, il y a beaucoup de gris n’est-ce pas?
Mais aussi, le voyez-vous, entre le noir gris
Et le gris blanc, il y a du bleu.
Eh bien, moi, je me concentre sur le bleu.


Photographie reproduite avec avec l’aimable autorisation des Archives de la Bibliothèque juive de Montréal
Courtesy of Jewish Public Library Archives, Montreal

Léa Roback est née en 1903, à Montréal, d’une famille d’origine juive polonaise de neuf enfants et a été élevée à Beauport, alors petit village près de Québec. Petite, elle sentait qu’elle ressemblait à sa grand’mère paternelle, divorcée, excentrique, farouchement indépendante, débordante d’initiative et de vitalité.

Elle revient à Montréal à 15 ans, travaille chez un teinturier puis comme caissière au théâtre Her Majesty’s, rue Guy. Elle économise pour partir à Grenoble étudier la littérature, épuise ses deniers, revient à Montréal « où il n'y avait rien à faire », part pour New York travailler dans des bureaux et des magasins avant d'aller rejoindre son frère à Berlin, en 1927. Devant la montée d’Hitler et de l’antisémitisme, elle choisit la réponse du parti communiste allemand. Pour échapper aux rafles hitlériennes, elle rentre au pays en 1932 et organise l’action en faveur des sans-travail aux côtés de Norman Bethune tout en gagnant sa vie au « Y » des femmes juives. Elle repart en 1934 rejoindre un amoureux en URSS, passe trois mois à sonder la révolution soviétique et revient à nouveau, plus que jamais décidée à ne pas se marier et à s’engager corps et âme dans la lutte contre l’injustice. Elle travaille aux élections de Fred Rose, candidat communiste dans Saint-Henri, appuie la lutte des suffragettes et inaugure la première librairie marxiste à Montréal. En 1936, elle est organisatrice syndicale durant la grève de l’Union internationale des ouvrières du vêtement pour dames puis, en 1941, elle organise le syndicat de la RCA Victor à Saint-Henri où elle reste jusqu'en 1952.

Après avoir quitté le parti communiste à la fin des années 1950, Léa Roback passe plusieurs années à s’occuper de la famille d’un frère malade et milite activement pour la paix à la Voix des femmes. Pendant quarante ans encore, elle est de toutes les luttes, contre la guerre au Vietnam, le racisme, les jouets de guerre, pour l’accès au logement, à l’éducation, le droit à l’avortement libre et gratuit, l’équité salariale. À l’aube du XXIe siècle, le 28 août 2000, toujours combative à l'âge de 96 ans, elle meurt accidentellement dans le quartier Côte-des-Neiges qu'elle aimait depuis si longtemps.

 

 
   


Photographie reproduite avec l’aimable autorisation des Archives de la Bibliothèque juive de Montréal
Courtesy of Jewish Public Library Archives, Montreal

 
 

 

 

 
 

All rights reserved © Lea Roback Foundation 2002 and 2005

Tous droits réservés © Fondation Léa-Roback 2002 et 2005