GRANDES AMIES |
|||
Madeleine Parent,
|
Madeleine Parent, 1949, Montréal. |
||
| Madeleine Parent, « tisserande de solidarités ». | |||
Née à Montréal en 1918, Madeleine Parent se révèle très tôt une militante déterminée. De 1937 à 1940, alors qu’elle est étudiante à l’université McGill, elle milite, entre autres, pour que le gouvernement fédéral accorde des bourses d’études universitaires aux enfants de familles défavorisées. En 1942, elle dirige, en compagnie de Kent Rowley, qu’elle épousera en 1953, un mouvement de syndicalisation des 6 000 ouvrières et ouvriers à l’emploi de la Dominion Textile dans les usines de Montréal et de Valleyfield. La grève de 1946 est très dure, particulièrement à Valleyfield, mais elle se termine après cent jours, par la victoire du syndicat et la signature des premières conventions collectives dans ces usines. Lors de la grève de 1947, à Lachute,: le premier ministre Maurice Duplessis fait arrêter Madeleine Parent et Kent Rowley et les accuse de « conspiration séditieuse » en les associant à la « menace communiste ». Les procédures judiciaires se terminent en 1955 par un verdict de non-culpabilité. Mais pendant ces années, le travail syndical au Québec devient difficile, puis impossible pour Madeleine et Kent, le syndicat américain (plus tard condamné pour corruption) les ayant expulsés de ses rangs en 1952, en pleine grève des ouvrières et ouvriers des filatures de coton. C’est donc en Ontario que Madeleine et Kent poursuivent leur travail de syndicalistes au cours des années 1960 et 1970. Ils contribuent au développement d’un syndicalisme canadien autonome des syndicats américains. Après la mort de Kent Rowley, en 1978, Madeleine continue de participer à la formation de la relève syndicale jusqu’à sa retraite, en 1983. Elle s’installe alors définitivement au Québec. Son engagement militant se concentre alors sur la lutte contre toutes les formes de discrimination envers les femmes, tant au Québec qu’au Canada. Pacifiste, elle prend position contre les conflits armés qui sévissent à travers le monde. Éprise de justice sociale, elle est encore aujourd’hui de tous les débats, de toutes les tribunes et manifestations pour s’opposer au néo-libéralisme et à la mondialisation orchestrée à Washington. La peintre québécoise Marcelle Ferron, signataire du Refus global, a fait le commentaire suivant : « La plus grande figure de l’époque, celle qui a le plus fait pour changer le Québec, n’est pas parmi les signataires du Refus global, c’est la syndicaliste Madeleine Parent qui menait à l’époque les grèves dans le textile. » C’est en ce sens que Madeleine Parent est une figure emblématique du mouvement syndical et de plusieurs luttes marquantes pour la défense des droits. Madeleine, pionnière Membre du conseil d’administration de la Fondation Léa-Roback depuis le début, Madeleine Parent est l’une des fondatrices. On associe tout naturellement son nom à celui de Léa, car elles ont lutté pour les mêmes causes et elles sont demeurées unies par une amitié indéfectible. Madeleine participe encore, dans la mesure où sa santé lui permet, aux activités de la Fondation. La mission de la Fondation ainsi que sa vitalité financière lui tiennent à cœur. C’est ainsi qu’à l’hiver 2009 elle a fait don à la Fondation de biens personnels, à savoir des meubles de valeur. Merci Madeleine. |
|||
Photo prise lors de la remise des bourses d’études
2004-2005, Montréal |
|||
| |
|
||
| All rights reserved © Lea Roback Foundation 2005 |
Tous droits réservés © Fondation Léa-Roback 2005 |
||